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Dictionnaire Français-Créole
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Abréviations

 

adj. excl. : adjectif exclamatif.

adj. ind. pl. : adjectif indéfini pluriel.

adj. num. : adjectif numérique.

adj. :adjectif.

adv. int. : adverbe interrogatif.

adv. excl. : adverbe exclamatif.

arch. : terme archaïque.

dim. : diminutif.

F.R.A. : français régional des Antilles.

fém. : féminin.

guad. : créole guadeloupéen.

haït. : créole haïtien.

id. : expression idiomatique.

iron. : terme ironique.

imp. : impératif.

interj. :interjection.

mart. : créole martiniquais.

masc. :masculin.

mél. : terme mélioratif.

mét. : métaphore.

n. : nom.

néol. : néologisme.

plur. : pluriel.

pr. ind. masc.sing : pronom indéfini, masculin, singulier.

pr. inter. : pronom interrogatif.

pr. pers. : pronom personnel.

pr. relat. : pronom relatif.

prép. : préposition.

qqch : quelque chose.

qqun : quelqu’un.

r. : rare.

sens fig. :sens figuré.

st.-luc. : créole sainte-lucien.

sing. :singulier.

v. : verbe.

vulg. : terme vulgaire.

 

 

Introduction

 

 

Le présent dictionnaire comporte plus de 5000 mots français avec, pour la plupart, leur traduction en créole martiniquais et/ou guadeloupéen, lesquels sont suffisamment proches pour être qualifiés de « langues sœurs » et, dans une moindre mesure, en créole haïtien, guyanais ou sainte-lucien, créoles qui sont tous à base lexicale française. Pour leur graphie, nous nous sommes efforcés d’être en phase avec le système dit « graphie-GEREC » élaboré par le professeur Jean Bernabé de l’Université des Antilles et de la Guyane, système mainte fois amélioré entre 1976 et 2001.

Beaucoup de ces mots s’accompagnent d’exemples de phrases ou d’expressions lexicalisées. Nous avons également tenu à mentionner, pour chaque traduction, différentes variantes ou synonymes éventuels, aussi bien à l’intérieur d’un même créole, que d’un créole à l’autre, ces variantes ou synonymes pouvant appartenir à différents niveaux lectaux (basilecte, mésolecte ou acrolecte[1]). Ainsi, s’agissant du verbe « aimer » par exemple, en plus du synonyme kontan, terme basilectal, on trouvera enmen ou anmen en créole martiniquais et enmé en créole guadeloupéen, ce qui donnera :

aimer : enmen / anmen (mart.), enmé (guad.), kontan.

 

Pour chaque terme, nous avons également, autant que possible, mentionné à quel créole il appartient, à condition qu’il soit spécifique à ce dernier. Notre intention fut d’ouvrir la voie d’une démarche « pancréole » qui, bien qu’actuellement décriée par certains[2], est de nature à contribuer, sur le plan lexical tout au moins, à un enrichissement de l’idiome ainsi que l’ont bien compris certains auteurs comme R. Confiant, J.-M. Rosier ou encore G.-H. Léotin.

Par ailleurs, l’usager de ce dictionnaire devra avoir conscience que certains mots peuvent revêtir des sens différents d’un créole à l’autre : c’est le cas, par exemple, de kokobé qui signifie « lépreux » en créole guyanais et « infirme » en créole haïtien. Il ne devra pas non plus perdre de vue que certains mots créoles sont de «faux-amis »[3] et aussi qu’un même mot peut revêtir des sens complètement différents[4].

Le lexique de cet ouvrage a été établi à partir de deux sources : d’une part, notre savoir personnel et, de l’autre, des informations orales et écrites que nous avons pu recueillir. Les informations écrites ont été puisées dans différents textes, littéraires pour la plupart (romans, nouvelles, pièces de théâtre, poèmes). Pour ce qui est des sources orales, nos informateurs appartenaient pour la plupart à une tranche d’âge supérieure à 50 ans, issus des milieux ruraux et populaires. Bien entendu, les mots qui nous étaient inconnus ou peu connus ont fait l’objet d’une vérification de sens par confrontation avec la définition que lui attribuaient différentes personnes que nous avons interrogées.

 

Jean-Pierre Arsaye


[1] Les mots ou expressions du créole sont issus, dans leur grande majorité, du français, mais ils peuvent être plus ou moins éloignés de celui-ci. C’est ainsi qu’à l’intérieur d’un même créole, on distingue différents niveaux lectaux. Le basilecte (ou « gros créole ») est le niveau le plus éloigné du français, tandis que l’acrolecte représente celui qui en est le plus proche, le mésolecte étant le niveau intermédiaire. Pour prendre un exemple, le mot lajan (argent) appartient au mésolecte, quand sa variante lahan se situe plutôt dans le basilecte.

[2] C’est ainsi que, paraît-il, une telle démarche est actuellement à déconseiller dans le cadre du CAPES de créole où les candidats doivent choisir entre les créoles martiniquais, guadeloupéen, guyanais ou réunionnais.

[3] Dans leur célèbre ouvrage Stylistique comparée du français et de l’anglais, Vinay et Darbelnet (1958) définissent les « faux amis » comme « ces mots qui se correspondent d’une langue à l’autre par l’étymologie et par la forme, mais qui ayant évolué au sein de deux langues et, partant, de deux civilisations différentes, ont pris des sens différents. »

 

[4] C’est le cas par exemple du mot pwofité qui peut signifier « profiter », mais aussi « grandir. »